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Chronique #11 : Le jugement de l’autre conduit à l’enfer-me-ment de Soi – Sagesses de Vénusienne

Chronique #11 : Juger l’autre conduit à l’enfer-me-ment de Soi

 

Mes chers amis terriens,

Aujourd’hui, je voudrais vous parler du fait que le jugement conduit bien souvent à l’enfermement. Précisément, Juger l’autre conduit à l’enfer-me-ment de Soi. Je m’explique.

Poser un jugement sur l’autre, c’est d’une certaine manière l’enfermer dans une boite. Dans une boite mentale, dans une image réductrice. Car juger précisément, c’est nécessairement réduire, schématiser, et en ce sens c’est amputer la réalité d’une bonne partie de sa complexité.

Humains, cette tendance que vous av ez à juger est naturelle. Nous avons besoin de juger pour pouvoir penser le monde. Car penser le monde, c’est mettre le monde extérieur à l’intérieur de soi. C’est le transformer en concepts, en pensées, en images mentales. Ainsi l’homme a la capacité de juger parce qu’il a besoin de pouvoir appréhender le monde extérieur en le mettant à l’intérieur de lui-même. Nécessairement, lorsque l’homme pense le monde il le réduit. Et il en va de même pour les autres qu’il côtoie. Mais aussi pour lui-même.

Souvent le jugement s’accompagne d’une évaluation en termes de valeur. C’est ce qu’on appelle le jugement de valeur. C’est quand on dit par exemple : « Ça c’est bien, ça c’est mal. Lui il se conduit comme ça, c’est bien. Lui il pense ceci ou il dit cela, c’est mal. »

Le jugement de valeur n’est plus là simplement pour définir le monde extérieur et nous permettre de le penser. Le jugement de valeur sert à discriminer. C’est-à-dire qu’il opère un tri entre les objets du monde, situations ou personnes, qui sont conformes et ceux qui ne sont pas conformes aux modèles préétablit que nous portons en nous.

Ainsi, je tente de comparer cette image que je perçois de l’autre, avec les images valorisées que j’ai intégrées en moi-même. Les fameux standards en fait, les normes, les modèles sociaux, les modèles de comportement qui sont socialement admis et auxquels je suis censé me conformer moi-même pour être acceptable.

Quand je juge l’autre parce qu’il met en œuvre une attitude qui s’éloigne du modèle que j’ai érigé comme étant le modèle du bon, je me conforme en fait à ces images que je crois être vraies. En ce sens, le jugement de valeur s’exprime comme une condamnation, mais en vérité, c’est une double condamnation, une double peine, par laquelle on se punit soi-même.

En effet, lorsqu’on émet un jugement de valeur on ne fait plus seulement l’évaluation neutre de ce qui est à l’extérieur – par exemple ‘cette lampe est bleue’ – mais on rapporte cet extérieur à Soi-même – par exemple ‘cette lampe est bleue et JE n’aime pas le bleu’. (Donc cette lampe est moche’). Ainsi j’établis une relation entre cet autre que je juge, et moi, qui interagit avec. Si je juge l’autre comme un bourreau, alors je me positionne comme sa victime potentielle. Ainsi le jugement de valeur n’est plus seulement de penser le monde extérieur, mais de se penser soi-même en relation avec le monde extérieur.

Et c’est là qu’on on rentre dans l’enfer, dans l’enfermement, dans l’enfer qui me ment. L’Enfermement, c’est s’enfermer soi-même dans un jugement, dans une image, cet enfer qui nous empêche de nous penser comme des individus complexes avec des facettes contrastées et qui, au fond, ne sont ni bien ni mal.

Pire encore, c’est se condamner – et entendons bien « con-damner » c’est-à-dire se « damner avec l’autre » – à n’être soi qu’au travers de nos relations. Autrement dit, porter un jugement de valeur sur l’autre c’est se définir soi-même à travers lui, c’est s’enfermer soi-même dans un jeu de rôle relationnel où l’Etre véritable n’a plus de place. Observez d’ailleurs à ce titre, que ceux qui jugent le plus les autres, sont aussi ceux qui se jugent le plus souvent eux-mêmes.

Ainsi, juger les autres nous empêche de percevoir leur réalité, leur vérité profonde. Mais aussi cela nous éloigne de ce que nous sommes vraiment, des êtres qui existent en dehors de toute interaction, en dehors de toute relation, et de toute forme de reconnaissance ou de validation sociale.

Enfants de la Terre, dès lors que vous portez un jugement sur l’autre, sur ses convictions, ses actions, ses manières d’être, de penser, de parler ou de se comporter, vous vous enfermez dans l’image, dans le narcissisme, dans le conformisme social, dans la programmation mentale.

Humains, plus vous aurez tendance à juger et à condamner votre voisin, plus vous aurez tendance à vous juger vous-mêmes et à vous condamner. Observez, à l’intérieur de vous, les modèles qui guident vos opinions. Observez qu’à chaque fois que vous jugez l’autre ou que vous vous condamnez vous-même, vous ne faites que mesurer l’écart entre ce qui est et ce que la société exige de vous.

Alors mes frères, je vous invite à la vigilence : efforçons-nous, chacun, de ne pas poser de valeur sur nos jugements. Le ciel est bleu. Cette personne est généreuse, ou bien agressive. Mais évitons de rapporter tout cela à nous. Si cette personne nous insulte ou nous maltraite, c’est sans doute qu’elle a vis-à-vis d’elle-même beaucoup de sévérité ou d’agressivité. Cessez de penser que vous êtes un problème pour l’autre ou que l’autre est un problème pour vous. Car, dans mes yeux de Vénusienne, il n’y a jamais de problème qu’avec soi-même, dans cette tendance de l’humain, à ne pas se reconnaitre lui-même, pour lui-même, en dehors de toute relation aux autres.

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